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Les assureurs africains s'affirment
Les assureurs africains s'affirment

 La 13e réunion des marchés organisée par la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (Fanaf) début novembre à Abidjan avec en toile de fond le souci de son développement.


 
Sur les bords de la lagune Ebrié, l’une des perspectives que les sociétés d’assurances nationales africaines ont convenu de ne pas laisser advenir, ce sont « les reformes en cours initiées dans certains pays de la Conférence interafricaine sur les marchés de l’assurance (CIMA) et se rapportant aux régimes complémentaires de retraite obligatoire ». Et pour cause : « Ces reformes, notamment en Côte d’Ivoire, excluent de facto les sociétés d’assurance Vie du secteur de la retraite complémentaire, confié exclusivement aux institutions nationales de prévoyance retraite » fulmine le Comité des experts. Qui ne fait pas de mystère sur sa crainte que la croissance amorcée par l’assurance Vie retraite, depuis plusieurs années, n’en fasse les frais.


 
Queue de peloton


Mais au-delà de cette préoccupation plutôt spécifique, le grand chantier des assureurs de la zone CIMA est de donner « une culture d’assurance aux populations ». En effet, la demande d’assurance dans cet espace est structurellement limitée à une très faible fraction d’agents économiques, avec une forte concentration sur les entreprises industrielles et commerciales du secteur moderne. Les statistiques sont parlantes ; elles indiquent d’ailleurs que la consommation d’assurance par tête d’habitant en Afrique en général est en queue du peloton mondial, avec moins de 1000 francs CFA par habitant et par an. Les populations de la zone CIMA, peu au fait des activités du secteur des assurances, ne consomment que les produits d’assurances obligatoires. « L’idée de recourir à l’assurance n’est pas encore suffisamment répandue au sein de nos populations qui, pour la plupart, continuent de percevoir les assureurs comme des “voleurs” », note, un brin amer, le directeur général d’une société d’assurances du Sénégal. Le bureau exécutif de la Fanaf résume bien la situation, parlant de challenge de « démocratisation de l’assurance ».


 
Corporate governance


La bonne gouvernance des sociétés d’assurances était une autre des préoccupations fondamentales de la 13e réunion des marchés. Car pour espérer obtenir des administrations publiques des Etats membres de la CIMA les réajustements à la baisse de la fiscalité et de la parafiscalité qui frappent leur secteur, les compagnies d’assurances devront montrer pattes blanches en matière de corporate governance.

Que le secrétariat général de la CIMA veuillent encadrer « la facturation au réel des conventions d’assistance technique conclues avec les sociétés d’assurances » par un dispositif réglementaire tient quelque peu de cette logique. Cette facturation prenant des allures de serpent de mer, nourrissant, sur les tablettes chiffrées des compagnies d’assurances, en zone CIMA, des frais généraux très importants.